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Welkenraedt, à la frontière entre civilisations romane et germanique
Le jeudi 9 juillet 2020

Malgré sa consonance germanique et sa proximité géographique avec la Communauté germanophone de Belgique, Welkenraedt est bien une commune francophone de l’arrondissement de Verviers qui appartient par conséquent à la Province de Liège et a fortiori à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Forte de dix mille habitants (10 088 précisément au 1er mai 2020[1]), s’étendant sur vingt-cinq kilomètres carrés, celle-ci est formée des deux anciennes communes de Henri-Chapelle et Welkenraedt.

Les origines étymologiques de Wälekete (appellation en dialecte local dérivé du francique ripuaire) diffèrent selon les sources, entre anthroponymes germaniques et noms de famille.

En vadrouille entre patrimoine et nature

La Place des Combattants constitue le véritable centre névralgique de la commune : rénovée dans les années 2000 et toujours flanquée de son monument dédié aux héros des deux guerres mondiales, celle-ci est le théâtre régulier d’activités communales et/ou associatives qui démontrent la vivacité du tissu économique et associatif local.

À l’angle de la Place, en direction de la Maison communale, le promeneur pourra découvrir le Square Joseph Wolgarten, fondateur du Royal Syndicat d’Initiative de Welkenraedt. Après avoir affiché de nombreuses années une horloge géante formée d’une couronne fleurie, cette place arbore aujourd’hui une fontaine dont les jaillissements réguliers en période estivale émerveillent les yeux de nos chères têtes blondes.

De l’autre côté de la Place, là où est d’ailleurs hébergé le Syndicat d’Initiative, se trouve la Maison Zimmermann, qui est l’un des plus anciens bâtiments de l’entité. Rénovée en 2006, elle entre d’ailleurs dans le patrimoine classé, datant du milieu du dix-huitième siècle et porte désormais l’appellation de « Maison de l’Avenir », celle-ci abritant également les services du FOREM.

Sortons du village et allons à la rencontre de l’édifice dominant du village, l’Église Saint-Jean-Baptiste, érigée en 1879 en style néo-roman et consacrée en 1880. On y signalera l’utilisation abondante de la Pierre de France comme matériau principal ainsi qu’une remarquable fresque représentant la Dernière Cène, où Judas y est illustré portant la bourse contenant les trente pièces d’argent lui promises en échange de sa trahison envers le Christ.

En sortant de l’église, direction boulevard Hector Grosjean où, après le pont à droite, un petit escalier nous amène vers le Bosquet, petite merveille de verdure et de nature aux portes de l’espace urbain.

Entre étangs de pêche, pelouses, parterres, sentiers balisés et un espace convivial disponible sur réservation, le promeneur découvrira un havre de paix où se mèlent faune aquatique et aviaire au sein du Petit Bois du Canada, comme les habitants du cru le surnomment.

Henri-Chapelle, carrefour des Trois Frontières

À quelques kilomètres au nord-ouest, le village de Henri-Chapelle, surnommé affectueusement Welkenraedt-Haut par ses habitants, surplombe à la fois la fameuse Route Charlemagne (Op en Pavei) et le Chemin des Ducs de Limbourg dont il constitue le point culminant. Véritable emblème des Trois Frontières, la localité offre de splendides points de vue sur Aix-la-Chapelle, le Limbourg néerlandais et naturellement le Pays de Herve jusqu’aux Hautes Fagnes.

D’après certaines sources, au onzième siècle, le Duc Henri de Limbourg, perdu dans les vastes forêts de son domaine, en appela à son patron, Saint Georges, en lui promettant d’ériger une chapelle à son nom s’il l’aidait à retrouver son chemin. Autour de ce bâtiment sont venus s’établir quelques habitants et l’endroit prit plus tard, par conséquent la dénomination d’Henri-Chapelle.

Entre châteaux et mémoire

En remontant de Welkenraedt en suivant le pré-Ravel qui longe le chemin de fer, le promeneur pourra admirer deux édifices majestueux.

Le premier, le Château de Baelen, qui porte curieusement le nom d’une autre commune, date de 1457.

Le bâtiment tel que nous le connaissons aujourd’hui se compose de quatre ailes construites entre les dix-septième et dix-huitième siècles. Le château à proprement parler se situe au sud du quadrilatère et est flanqué de deux tours massives encore plus anciennes.

À l’origine résidence des seigneurs hautains du ban de Baelen (ce qui explique son appellation), celui-ci est propriété des Frères Alexiens (Hiéronymites) depuis 1875, qui en ont fait leur maison-mère et y ont établi un asile d’aliénés.

Un peu plus loin, le (Vieux) Château de Ruyff a quant à lui été érigé au douzième siècle. Il doit son nom au Chevalier Arnold de Rueve, dont la propriété est attestée en 1172. Son nom est également associé au hameau afférent.

Classé depuis le 29 août 1989 et après avoir appartenu aux Révérends Pères Lazaristes de Theux, le château est propriété depuis 1999 de la famille Wiertz, qui procède à sa restauration.

Au centre du village, la Place de l’Hôtel de Ville, dominée par son Église Saint-Georges (également classée), regorge de plusieurs bâtiments à haut intérêt historique et/ou architectural : ceux-ci sont d’ailleurs répertoriés dans le patrimoine monumental de la Belgique.

Sortons du village pour se diriger vers le village voisin d’Aubel. Pas loin de là sur la route se trouve l’un des trois cimetières militaires américains du pays, dont deux se situent en Wallonie.

Le cimetière américain dit de Henri-Chapelle, mais en réalité situé sur le territoire de l’ancienne commune de Hombourg (Plombières), plus précisément sur le site de Vogelsang, abrite les tombes de 7 992 soldats américains tombés pendant la Seconde Guerre mondiale.

La construction de celui-ci date de 1944 et aurait été terminé en 1960, en passant par un stade provisoire avant d’adopter un établissement permanent. Entretemps, l’État belge céda les vingt-trois hectares qui composent ce lieu de mémoire aux Etats-Unis d’Amérique en 1949.


[1] ttps://www.ibz.rrn.fgov.be/fileadmin/user_upload/fr/pop/statistiques/stat-1-1_f.pdf

Photos issues du Royal Syndicat d’Initiative

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